Biographie

Originaire de Guadeloupe, Syanséka (également connue sous les noms Baylavwa ou Miss Baylavwa) est auteure, professeure de kréyòl et animatrice d’ateliers d’écriture. Depuis plus de vingt ans, elle développe un travail autour de la langue guadeloupéenne, associant création et transmission.

Une écriture pour
explorer et questionner

Dès l’adolescence, son intérêt pour le rap l’incite à jouer avec les mots pour dire, questionner et analyser. Elle découvre ainsi dans l’écriture un espace d’exploration qui lui permet de donner forme à ses pensées. Elle y met en relation des idées, questionne ce qui l’entoure et partage ses lectures du réel à travers une écriture libre.

Soucieuse d’approfondir sa connaissance de son héritage linguistique, elle a réalisé des études de Langues et cultures régionales, option créole, sur le campus de Schœlcher en Martinique. Elle a obtenu en 2006 un D.E.A. Caraïbe, Amérique latine et du Nord, mention Langues et cultures régionales. Ses années d’étude l’ont amené à développer davantage sa pratique de la langue à l’écrit.

Elle a ensuite poursuivi son apprentissage en Guadeloupe au sein de l’univers du gwoka. Cette démarche a profondément marqué son écriture. Les sonorités du ka ont ainsi pénétré ses productions et participent à la construction de cet univers qu’elle crée qui invite à interroger et à dire le présent.

Au fil des ans, elle a développé un style d’écriture qui lui est propre. Des situations ordinaires, des réalités vécues, des questions de société lui servent de points de départ pour amener à la réflexion. Elle a ce souci d’inciter au questionnement, sans imposer de point de vue. Elle ose poser des mots sur des réalités que l’on tend à taire et invite ainsi à penser le monde, à se penser soi-même, à interroger le réel.

La création d’espaces
d’expression et de transmission

Elle a également créé des espaces d’expression et de partage en ligne. Avec les sites Miss Baylavwa nyouz, puis MBnyouz et Sayanns, elle a conçu des médias qui ont fait coexister les deux langues pour le partage de connaissances et d’analyses.

Elle a, par ailleurs, initié un projet destiné à faire investir plus largement la langue à l’écrit : entre 2020 et 2024, avec Sayanns, elle a proposé Latilyé Maké Ansanm. Il s’agissait d’ateliers d’écriture en kréyòl en ligne. Plusieurs textes de participants ont d’ailleurs été publiés sur cette plateforme.

Elle a aussi proposé divers concepts en ligne sous forme de vidéos animées présentant des phrases tirées de ses écrits ou des contenus pédagogiques, de visuels illustrant ses écrits. En 2025, elle a publié un premier cours en ligne consacré à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture de la langue guadeloupéenne.

La diffusion et la vulgarisation de connaissances occupent donc une place importante dans sa démarche. Elle souhaite ainsi contribuer aux démarches qui visent à investir plus largement la langue et à vulgariser les connaissances sur celle-ci.

Un regard sur le présent,
des possibles en perspective

Son écriture donne à voir les réalités contemporaines, les relations humaines et les façons d’habiter le monde. Elle s’y exprime en tant qu’Africaine-Guadeloupéenne, portant un regard attentif sur son île et sur les réalités des populations noires. Ses textes traduisent à la fois son attachement à l’Afrique et à son héritage guadeloupéen, deux dimensions qui nourrissent sa sensibilité et sa manière d’appréhender le monde.

Au fil de ses livres, ce qui semble familier se prête à une nouvelle lecture. La langue guadeloupéenne y accueille des sujets actuels et des questionnements qui dépassent les frontières de l’île. Ses créations invitent chacun à se penser comme acteur du monde dans lequel nous vivons.

Ses livres ouvrent dès lors à de multiples lectures et usages. Les enseignants peuvent y trouver matière à travailler de nombreuses thématiques et les usages de la langue. Les chercheurs peuvent y étudier les formes d’expression, les choix linguistiques, les styles d’écriture et les sujets traités. Les personnes passionnées par la langue peuvent apprécier sa lecture, les nuances, les regards qui sont traduits à partir de celle-ci. Ceux et celles qui l’apprennent peuvent y trouver une langue ancrée dans des usages réels et des thématiques contemporaines.

À travers ses créations et ses actions de transmission, elle porte une conviction profonde : la langue guadeloupéenne peut accueillir nos expériences, dire notre présent, exprimer nos réflexions et peut être un point de départ pour s’ouvrir au monde.